Les poèmes d'Annick Vénineaux inspirés de certaines de mes peintures

Un concert, une myriade
D’archets, de volutes
De violons qui disent
Le sang et le printemps,
L’élan et la poussière ;
Un chien fougueux
Mi-renne, mi-taureau
Sans vergogne
Bouscule l’ordre
Etabli, emportant
Sur son char,
Un dieu et sa crosse.

Une rivière rouge sang
Un banc de sable crevassé
Des personnes
De chair et de sang
En attente d’une crue
Vivifiante, amorcée,
Un arbre large,
Deux buissons hauts,
Un ciel lavande, pommelé,
Un sol de sable doré,
Comme une terre d’Afrique.
Comme une espérance.

Ciel, terre, neige mêlés,
Tourbillons blafards,
Bleu, gris, brun,
Comme l’hiver dans l’âme,
Pour les vivants et les morts.
Tombes palpitantes encore,
Une croix justicière
Pèse les esprits.
Un chaos maîtrisé,
Au sol, surgie des âges
Une Parque dévide son fil.

 

Une éruption de vermillons,
De bleus tendres agressifs,
Des vagues fâchées,
Fouettant l’écume.
Tout n’est qu’agitation et fureur.

Les raisins de la discorde ?
« Trop verts ! » dit l’un
« Qu’il aille au diable ! »
Pense l’autre à cet outrage.

C’est alors que les ossements bleuâtres,

Les fantômes suppliciés tourmenteurs

Se mêlent aux volutes de sang.

Des figures sorties des enfers

Se manifestent agressivement,

Regards troubles et bouches avides.

Et, vision apocalyptique,

La coupable victime, hurlant,

Sur le point d’être engloutie

Dans les sombres profondeurs du cratère.

Une femme, qui a tout d’un ange,

Tient à bout de bras, un enfant.

On devine, sous les flots de plume,

Plumes de paille, plumes de flammes,

Ciel duveteux,Un univers maléfique.

C’est que l’ange,

Pour soustraire l’enfant au néant,

A mené un rude combat,

S’élançant dans la fournaise,

Prêt à tous les risques.

Mais soudain, un génie bienveillant,

Un rameau d’olivier à la main,

Installé sur un socle en forme de cœur,

Signale une alliance…

Le saut de l’ange est une mission,

Un cheminement ardu, un espoir,

Un acte de foi.

Un arbre rouge et son ombre bleue :
Une femme mince, gracieuse,
Enveloppante, côté pile – son double,
En face de lui, une femme-arbre,
Bleue – blanche, son destin ?
Des figures égrillardes
Se lèvent dans les branchages ;
Un ours éternue des raisins
De vendanges partagées…
Une farandole de branches
Qui se cherchent…
L’arbre ancré dans le sol
S’en déchausserait volontiers !
Un arbre de vie … coquine 


Trois formes ovoïdes ;

De sobres élastiques,
Des puzzles imbriqués,
Une tête cramoisie,
Une autre blonde, 
au visage rougissant
Une troisième blafarde 
sur un corps d’esquisse,
Une connivence les reliant
Les unes aux autres.
Arabesques et palette
Du pastel à l’encre sourde
Tournoient imbriquées, dissociées
Célébrant l’allégresse et la joie
En volutes colorées
Sur un ciel musical .

Une horde de mammouths
Déferle sur la banquise.
Mais l’univers nocturne verglacé
Sous le regard d’une élégante comète
Abrite aussi de facétieuses chaumières
Un convoi de maisons pressées
Rieuses, déguisées, se jouant
Des couleurs et de la lumière.

Les dieux dans les hauteurs,

Noirs et haineux,

Qu’un nuage dissident,

Ecumant et turbulent,

Calme pourtant,

Attirant l’œil vers les flots pacifiés.

Turquoise et soleil.

Un rocher émerge

Tel un véhicule échoué.

Mais la fougue, le feu,

L’optimisme du bleu tendre,

Une vague multicolore

Heureuse dans le soleil,

Et dans un joyeux ressac,

Affirment les couleurs de la vie.

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